Poursuivre malgré tout la relation avec celui que nous ne comprenons pas
18/08/2007

Quelle autre solution s’offre à nous que celle de poursuivre la relation avec celui ou celle que nous ne pouvons plus supporter et qui nous fait souffrir ?

Hier soir nous avons eu à réfléchir sur l’histoire d’une jeune fille qui décide d’empoissonner lentement sa belle-mère impossible avec l’aide du facétieux Dr Wang. Pour ne pas attirer la suspicion le jour où elle arrivera à ses fins, elle doit contenir sa colère et son énervement que pourraient susciter les brimades qu’elle subit. L’histoire, bien entendu, se termine bien : la fille se contient et se change d’avis en voyant que la belle-mère se met à l’aimer. Celle-ci ne meurt pas, le Dr Wang n’avait donné rien de mauvais, prévoyant l’issue de la manœuvre. Une belle histoire dirent certains quand je disais qu’elle n’était pas très réaliste.

L’Homme a ses limites et ne peut tout endurer. Prenons un exemple. C’est un été orageux, l’air est lourd. Vous vous levez après une nuit dont ils vous semblent que vous avez compté les minutes. Vous avez encore en tête votre découverte de la veille : votre mère, que vous hébergez depuis déjà 4 jours, a cassé - pourquoi elle ? - la lame d’un couteau que vous possédez depuis des années et qui a une grande valeur sentimentale. Vous prenez le métro parisien pour 1h30 de trajet dans un compartiment surchauffé et surbondé, aux effluves parfois dérangeantes. Vous sortez, la pluie tombe soudainement et, bien sûr, vous n’avez pas de parapluie. Au travail, vous essuyez une remarque qui vous paraît cassante et particulièrement injuste. Evidemment, ce n’est pas la première. Et le soir, vous retrouvez votre mère avec qui vous ne vous entendez pas très bien depuis longtemps. Je donne peu cher de votre patience et je me disais donc hier soir que les petites contrariétés peuvent avoir raison de la sérénité la plus éprouvée.

Et pourtant. Quelle autre solution s’offre à nous que celle de poursuivre la relation avec celui ou celle que nous ne pouvons plus supporter et qui nous fait souffrir ? Le cynisme dont j’ai fait preuve dans ma réaction à cette histoire n’était sans doute qu’un moyen d’échapper à ma propre remise en question. Je pense à cet oncle avec qui je suis en froid ‘sibérien’ depuis la mort de ma grand-mère, véritable ciment de la famille, il y a deux ans. J’avais toujours trouvé cet oncle snob, égoïste, parfois raciste, toujours impersonnel. Mais ma grand-mère arrondissait ses angles et tempérait mes accès de colère. Le décès de celle-ci révéla une face de mon oncle encore plus sombre. S’en était fini : à quoi bon s’accrocher à une personne si différente, tellement contraire à ce à quoi j’aspire, quand il y a tant de gens à aimer par ailleurs.

Là aussi, je dirais que ma réaction n’était pas très réaliste. Car depuis, cette situation me hante. J’y repense régulièrement car je m’en veux d’être ainsi en colère contre mon oncle : comment oser me prétendre chrétien si je ne suis pas capable de l’aimer, malgré tout. Pour cette même raison, je ne peux croire qu’il n’y ait rien de bon en lui. Mais depuis deux ans je ne fais rien. Car je sais que cela me demandera un effort important : pour ne pas réagir trop vivement, pour l’écouter vraiment, pour découvrir la personne qu’il est vraiment et comprendre. Je ne fais rien, car je ne peux accepter qu’il reste ainsi et souhaiterais le voir changer. Mais je manque sans doute encore de foi en cette possibilité.

Chaque jour j’avance un peu plus dans la compréhension de mes limites et des moyens pour les dépasser. Et sans vouloir finir ce billet par du prosélytisme, je pense cependant sincèrement qu’I&C peut m’aider sur cette voie.

Poster un nouveau commentaire

Le contenu de ce champ ne sera pas montré publiquement.

Plus d'informations sur les options de formatage

CAPTCHA
Cette question permet de s'assurer que vous êtes un utilisateur humain et non pas un logiciel automatisé de pollupostage.
CAPTCHA image
Enter the characters shown in the image.