Passer du blâme à la responsabilité
La famille est attaquée du dedans et du dehors. La vie de famille est joyeuse, très joyeuse même... quand elle n’est pas pénible, voire intolérable. Au jour d'aujourd’hui, communiquer est important - et s’écouter l’un l’autre - et s'aimer l’un l’autre - et se faire confiance dans la franchise. Où peut-on s y exercer mieux qu’ en famille, et durant les premières années?
En vivant si proche, on peut apprendre a résoudre les conflits, se réconcilier, pardonner et a être pardonné. Les théories sur la bonne marche du monde prolifèrent. La vie de famille est leur meilleur banc d’essai.
Deux expériences
"Quand mon père est mort, j'ai perdu un grand ami. Ma femme et moi avons eu le bonheur de nous occuper de lui pendant les dernières années de sa vie. Nous n'étions pourtant pas proches au départ. Enfant, je craignais ses colères. Puis ma peur s'est muée en véritable haine. Nous ne pouvions pas nous voir sans nous disputer, et la violence n'était pas que verbale. Une veille de Noël, alors que je donnais un coup de main dans un centre d'accueil, il m'a téléphoné, furieux que je ne sois pas avec la famille: 'Si tu ne rentres pas immédiatement, je descends ta mère.' A mon arrivée, il avait commencé é casser des meubles. Après mon mariage, ma femme a dû subir mes propres accès de colère. Je n'arrivais pas à me contrôler. Un jour, je l'ai giflée et elle m'a dit: 'Si tu continues comme ça et que nous avons des enfants, que deviendront-ils?'
J'ai réfléchi. Dans ma famille, on ne parlait pas de mon grand-père. Mon père avait-il jamais connu son propre père, à une époque ou l'on montrait du doigt les mères célibataires? Quels qu’aient été les torts de mon père, je n'avais jamais, moi, essayé de le comprendre. C'est ce que je lui ai écrit, en lui demandant de me pardonner.
Peu après, mon père m'a dit: 'Est-ce que je t'ai jamais perle de mon père?' Il m'a raconté toute l'histoire, dont il n'avait dit mot à personne, pas même à ma mère. J'avais 29 ans et j'avais enfin trouvé mon père.
"Notre cadet, Steffen, avait 13 ans lorsqu'il a été initié à la drogue à l'école et a plongé dans des abîmes inimaginables. Qui a vécu une telle épreuve peut comprendre ce que c'est que d'avoir un fils qui ment et vole, de voir son foyer perquisitionné par la police, de rendre visite à son enfant derrière des barreaux.
Sorti de prison, Steffen réussit é se désintoxiquer, il entama une formation dans l'usine de mon mari et épousa Elke. Bientôt ils attendirent leur premier enfant. Mais des analyses révélèrent qu'ils étaient tous deux séropositifs. Pour eux comme pour nous, ce fut l’enfer. Ils se remirent à prendre de la drogue. Dieu merci, notre petit-fils est né indemne.
Puis, Steffen a été brûlé vif dans un accident d'auto. Mort horrible, mais mort qui a mis fin à des années de souffrances. Elke est tombée malade. Sa mère et moi l'avons entourée jusqu'au bout et elle a trouvé la foi et le pardon.
A tous les parents, j'aimerais dire: n'abandonnez jamais. Que nos enfants, quoi qu'il arrive, trouvent grand ouverts nos coeurs et notre foyer. Il faut parler à Dieu de nos enfants, plutôt que vouloir leur parler de Dieu. Et profitons du temps qu'il nous est donné de vivre ensemble."

